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À chaque fois que revient le débat sur la fermeture des angles de Bollaert, j’ai l’impression qu’on oublie une chose essentielle : un stade n’est pas seulement un équipement moderne, c’est un patrimoine vivant.

Bollaert est reconnaissable entre mille. Son architecture à l’anglaise, avec ses quatre tribunes bien distinctes et ses angles ouverts, fait partie de son identité. C’est cette silhouette que des générations de Lensois ont connue. C’est cette image qui apparaît dans les souvenirs, les photos et les retransmissions. Modifier cela, ce n’est pas seulement ajouter du béton : c’est transformer un symbole.

On entend souvent que fermer les angles rendrait le stade “plus moderne”. Mais pourquoi la modernité devrait-elle forcément passer par une uniformisation ? Aujourd’hui, de nombreux stades finissent par tous se ressembler. Bollaert, lui, possède une personnalité unique. On peut moderniser les infrastructures, améliorer le confort, les accès, les services ou les technologies sans toucher à ce qui fait son âme.

Le Racing Club de Lens a toujours cultivé des valeurs d’authenticité, de transmission et de fidélité à son histoire. Ce club n’a jamais cherché à copier les autres. Il a toujours assumé son identité populaire. Bollaert est le prolongement de cette identité.

J’ai aussi le sentiment que la volonté de fermer les angles est souvent portée par une partie des supporters les plus récents, séduits par les standards des stades modernes. C’est une opinion respectable, mais beaucoup d’anciens abonnés ou de supporters attachés à l’histoire du club voient au contraire ces angles ouverts comme une richesse qu’il faut préserver. Personne ne détient le monopole de l’amour du RC Lens, mais chacun devrait reconnaître que l’héritage du club mérite d’être protégé.

Le football change, les infrastructures évoluent, c’est normal. Mais évoluer ne signifie pas effacer son passé. Les plus grands clubs européens sont fiers de conserver ce qui fait leur singularité. Pourquoi Lens devrait-il abandonner une caractéristique qui participe à son mythe ?

Préserver les angles ouverts de Bollaert, ce n’est pas être contre le progrès. C’est rappeler qu’un club ne se résume pas à des critères esthétiques ou commerciaux. Son histoire, son architecture et son identité ont une valeur qui ne se mesure pas en mètres carrés supplémentaires.

Le Racing Club de Lens a toujours été différent. Son stade l’est aussi. Et c’est précisément cette différence qui mérite d’être conservée.

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